La Canne (TSUE)

L'Art de la Canne

"L'esprit d'un homme se devine à la manière dont il porte la canne" (Honoré de Balzac : Extrait du traité de la vie élégante) et... Mens agitât molem (l'esprit meut la matière) !

D'une branche d'arbre, brisée ou simplement recueillie au sol est né le Bâton : compagnon du pèlerin, béquille pour le blessé, arme pour défendre et protéger... Ses usages et ses évolutions seront multiples et particulièrement variés : d'un "art de vie" à des fins utilitaires aux techniques guerrières dont la finesse dans l'efficacité n'aura comme limite que l'imagination... Celle de l'être humain pouvant être sans borne lorsqu'elle est mise au service du combat.

Ainsi la présence du Bâton aux côtés de l'homme est avérée depuis... La nuit des temps... Ainsi la Canne n'a pas d'âge, même si elle a bel et bien connu un âge d'or dans un passé relativement peu reculé (cf. infra) !

Dans ce chapitre il ne sera pas traité du bâton en tant qu'arme, quoique la Canne puisse-être, à certains égards, assimilée à un bâton... Aussi merci de consulter la page traitant particulièrement du Bâton pour d'amples informations d'ordre technique (entendre combat).

C'est principalement la Canne, sous différents aspects, qui sera abordée ici. Dans le sillage, suivront des informations sur le Jogo Do Pau (bâton portugais), le Liu-bo un art martial italien aux origines Sicilienne, le Makhila le bâton de marche Basque, le Quatter staff anglais, etc. afin d'offrir un panorama aux horizons complets pour des pratiquants d'Arts martiaux dignes de ce nom.

Telle est la ligne de conduite au sein du Collège des Ceintures noires de l'Ecole d'Arts martiaux albenassienne ESCAMAR : être et partager, partage et excellence !

Plus qu'un mythe la canne est bel et bien inscrite à ESCAMAR comme une véritable méthode d'apprentissage, à tel point qu'un cursus complet "pieusement conservé" va devenir progressivement accessible à l'ensemble des pratiquants. D'ailleurs la ceinture noire junior FEKAMT intègre elle aussi des "exercices" avec une canne de marche !

Les membres du Collège des ceintures noires sont, quant à eux, interressés au premier chef par cet apprentissage dont ils doivent d'ailleurs assurer la transmission in extenso. Ainsi la reconnaissance au niveau national est désormais telle que la préparation au grade de ceinture noire 3ème DAN (grade FEKAMT homologué) comporte l'intégralité du cursus à la Canne et ce n'est pas peu dire !

Un peu d'étymologie (du grec etumos : véritable et logis : discours)

De l'origine du mot bâton : issu du latin populaire « basto, bastonis », dérivé de « bastum » (bâton), lui même emprunté de la forme verbale « bastare » (porter). Le mot est attesté en ancien français dès 1080 sous la forme « bastun », puis vers 1175, «baston ».

Un bâton est un « morceau de bois que l’on peut tenir à la main pour différents usages » : Un premier trait sémantique offre l’idée d’appui pour faciliter les déplacements. Un « bâton » est en effet utile, au berger, au pèlerin, au vieillard, plus près de nous au skieur, au randoneur... afin d'assurer à celui (celle) qui le porte un parcours aisé. Un deuxième trait sémantique renvoie à un tout autre contexte : un bâton est un objet servant à frapper, percuter... en vue d'attaquer ou de défendre : on est là dans le domaine du combat. Devenu arme le "simple" bâton a connu bien des adaptations, voire des transformations ce qui le fera devenir de plus en plus redoutable : massues, lances, javelots...

La bastonnade de « batuo, batuis » de battre et de bâton (qui en vieux Français s’écrivait baston) est le premier des châtiments infligés aux hommes...

Toutefois l'usage guerrier du bâton ne doit pas faire oublier qu'il aussi s'est imposé comme symbole de commandement, de pouvoir (notamment religieux) : sceptre, crosse, et bien sûr comme élément de jeu : crosse, baffe, club, canne...

Un peu d'histoire... Du bâton à la Canne à travers les âges

La canne, objet ambulatoire et nobiliaire, tombe en désuétude au Moyen Age : la noblesse et le roi vivaient reclus dans leur(s) chateau(x) ou bien gerroyaient à cheval, épée à la main... La canne fut donc remplacé par un symbole de l'autorité le sceptre en vigeur jusqu'à la révolution française (1789).

Le roi est souvent représenté, lors des apparitions publiques, avec dans une main le sceptre et dans l'autre le bâton : puissance et châtiment.

Les évêques portent, quent à eux, une canne haute surmontée d'une sorte de poignée en TAU ou d'une croix et richement décorée d'or et d'ivoire, ornée de pierres précieuses, insigne de la dignité épiscopale et abatiale.

Ainsi la crosse, ou bâton pastoral, est l'insigne du "bon pasteur" qu'exercent les religieux (évêques, abbés...) sur le peuple qui leur est confié. A noter qu'on parle dans certaines littératures de férules (de ferio : frapper ; car c'est avec la férule que le Maître gouverne ses disciples).

A noter toutefois que les significations enblêmatiques du bâton pastoral sont gravées dans ce vers :

Attraee per primium, medio rege et punge per imum.

"Attirez par le haut, gouvernez par le milieu, corrigez par la pointe", les devoirs d'un prélat : persuasion, direction (ou commandement), châtiment.

Au "temps des cathédrales" de grands chantiers voient le jour pour construire ces dernières. Les Compagnons, obligés d'aller de chantier en chantier, introduiront alors la canne : aide à la marche, objet de portage, de mesure et instrument de défense au besoin !

Certains l'avaient courte et pacifique, d'autres longues et bardée de métal, le tout à l'allure conquérente.

Ôter la canne d'un compagnon était l'injure suprême ! Celui qui, au cours d'une altercation, confisquait la canne de son adversaire faisait par cette action un véritable coup d'éclat.

Quant aux cannes de pélerins , appelées bourdon, et bénies avant de partir à la marche de Saint Jacques de Compostelle ou bien aller vers la Terre Sainte, elles servent à porter le baluchon, à se défendre contre les malfrats, au transports ou même à creuser... Les usages sont multiples.

Le bâton - au sens le plus large du terme - canne comprise, fait comme cela vient d'être présenté, référence à l’idée d'autorité... Faut-il rappeler qu'au Moyen Âge le Barreau avait une double fonction : celle de corporation, au plan professionnel, mais aussi celle de confrérie au plan religieux. À cette époque, les avocats se réunissaient à l'occasion dans la Confrérie de Saint Nicolas (de "nikê" déesse de la mythologie grecque personnifiant la Victoire comme son nom l'indique son nom, "laos" substantif grec laos, qui signifie peuple, nation...).

Le premier d'entre eux portait la bannière de cette confrérie en la tenant par le bâton. Considéré comme le plus digne par ses confrères, lui seul disposait alors du pouvoir disciplinaire à l'égard des autres avocats : le bâtonnier. Premier de la communauté des avocats et procureurs, il était le maître de leur chapelle et de leur confrérie et présidait au siège de la confrérie pour "entretènement de la discipline du Palais et des règlements" (cf. Dictionnaire de Trévoux : définition de Batônnier).

Le nom de bâtonnier s'est maintenu dans l'usage, aujourd'hui encore.

Le pouvoir militaire, dans sa dimension de commandement, comporte lui aussi des représentations caractéristiques. Parmi les plus prestigieuses on compte l’épée (du latin spatha, la chose plate) du connétable (du latin comes stabuli le comte de l’étable - comprendre le comte chargé des écuries et donc, à l’origine, de la cavalerie de guerre) et le Bâton de maréchal (bâton de commandement).

C'est Philippe Auguste(né en 1165, mort en 1223 ; il a régné à partir de 1180) fils de Louis VII qui fut le premier en 1191 à octroyer le bâton de Maréchal de France, 1er grade de l’armée, pour le commandement des troupes ; ce qui sera aboli à la révolution française.

Dans un registre bien différent, il existait aussi la canne de Maître à danser également appelée canne-pochette. On nommait pochette les petits violons que les maîtres à danser mettaient dans leur poche pour aller donner leurs leçons en ville. La pochette est le violon du maître à danser. Cet instrument apparaît au XVIIème siècle, et disparaît au XIXème sièle. Il sert, le cours de danse durant, à marquer les pas. Rarement la pochette ne sert à l'interprétation de musique, le son qu'elle produit est trop faible.

Sans toutefois remonter à l'aube des temps, au moyen âge le terme bâton désigne toute arme et était utilisé par les paysans pour défendre et combattre. Le bâton était également enseigné aux jeunes seigneurs l'apprentissage du maniement des armes. Les techniques étaient quelque peu rudimentaires mais redoutablement efficaces et se transmettaient de père en fils...

Le bâton dont on se servait au Moyen Age portait le nom de "bâton d'arme" quand on combattait avec la "harasse" (cum baculo et scuto). En effet, à cette époque, quand les roturiers ou vilains, (du latin villanus celui qui habite une villa ou un domaine) quand les serfs obtenaient la faveur de se "purger" par le combat c'était avec le bâton et la harasse (sorte de grand bouclier, difficile à porter tant son poids était élevé), mais bien sûr à pied. Quand un gentilhomme appelait un vilain il devait se présenter à pied, avce l'écu et le bâton. S'il venait à cheval et avec armes d'un gentilhomme alors on lui ôtait sa monture, ses armes et il devait combattre contre le vilain en chemise.

Un gentilhomme n'était pas tenu de répondre à l'appel d'un serf et refuser le combat.

C'était le temps des combats judiciaires...

De là s'en suivit que le bâton était l'instrument des outrages car un homme qui avait été battu était traité comme un vilain !

Une pensée périlleuse pourrait laisser croire que les différents bâtons de marche ne sont pas des cannes et inversément... Mais la canne est historiquement un bâton que l'on a dénommé ainsi tardivement (seconde moitié du Moyen Âge i.e. du XIIème siècle au début du XVIème siècle).

A la Renaissance (entre le XVème siècle et le XVIème siècle, période de transition entre le Moyen Âge et les Temps Modernes) la canne se transforme, se décore... Certaines deviennent des cannes-épées, d'autres des cannes systèmes comme celle d'Henri VIII qui comporte deux petits pistolets. Quant aux bâtons ils demeurent la propriété des brigands, malandrins et autres roturiers... qui y rajoutent une lame, recherche d'efficacité oblige !

Au XVllème siècle le port de la canne devient général : on ne sortait pas sans "perruques, chapeaux et cannes" selon l'étiquette à suivre (règles pointilleuses marquent les préséances, décidant qui peut approcher des grands personnages de la Cour, où et quand... les attitudes et le langage sont également codifiés et varient subtilement selon les circonstances : ainsi en est-il de l'usage des titres pour s'adresser à l'un ou à l'autre, du droit de s'asseoir, d'utiliser un fauteuil, une chaise, un tabouret....).

La canne souvent de bois précieux (par exemple l'ébène) pouvait être surmontée d'un pommeau d'ivoire (ex. la canne de Louis XIII), mais elle pouvait aussi être issue d'un simple roseau pour l'usage courant, telle celle de Louis XIV.

Réservée au Monarque, à la noblesse et aux courtisans, la canne est un signe de distinction et de commandement. Accessoire de prestance, assez haute, la canne était l'instrument favori au théatre : nulle pièce ne se représentait sans canne : le Cid, Andromaque... toutes les tragédies de Jean Racine (1639 – 1699) et Pierre Corneille (1606 - 1684) ont été jouées avec des effets de canne.

« Dans un grand siècle tout est grand ! »

Cette maxime convient particulièrement bien au règne de Louis XIV. A Versailles tous les princes veulent rivaliser en magnificence tant dans leur demeures que sur leur habillement. Tous les yeux sont levés sur le roi et son goût du faste, il adore l’orfèvrerie donc ses cannes en sont largement ornées.

Symbole royal du pouvoir, du maître absolu sur ses sujets, le roi porte la canne donc tout le monde s’empresse de l’arborer mais jamais en sa présence. (il est à noter que la canne grandissait son propiétaire et rehaussait sa stature fière et noble).

Le prestige à la Cour doit s’afficher, et atteindre la démesure.

Au fil du temps l’aristocratie s’empresse d’imiter les monarques pour qui la canne est devenue un symbole de leur pouvoir. La canne se porte alors avec l’épée et devient un objet de distinction de classe. Puis la mode s’empare de cet attribut pour rehausser l’élégance et la prestance de son possesseur : elle lui attribue l’appellation de « canne savante ». En se démocratisant la canne devient également l’accessoire de la tenue du bourgeois.

Selon le manuel de civilité, très répandu, et publié en 1782, par Jean-Baptiste de LASALLE (1651 - 1719, ecclésiastique français, innovateur dans le domaine de la pédagogie, canonisé en 1900, a consacré sa vie à éduquer les enfants pauvres) et intitulé Les règles de la bienséance et de la civilité chrétienne :

"[...] la bienséance engage quelquefois de se servir d’une canne, mais ce ne peut être que la nécessité qui permette d’avoir un bâton en main. Il est messéant de porter une baguette ou une petite canne chez les Grands, mais on y peut avoir une grosse canne à la main si on est incommodé [...]"

"[...] Il est aussi très incivil de badiner avec une baguette ou une canne. [...]"

Badiner : folâtrer, s'amuser, se livrer à des jeux puérils ou galants.

"[...] En marchant il contre la bienséance de porter une canne sous le bras. La traîner dans la boue est une pratique qui sent l'enfantise.[...]"

Selon Jean-François SOBRY (1743-1820), auteur de l'ouvrage "Le Mode François" paru en 1786 : "les hommes de conditions honnêtes ne sortent point de leur maison sans avoir une épée à leur côté ou quelque bâton précieux à la main".

Avant 1789, la canne, entre les mains d’un noble, était orgueilleuse, hautaine, insolente, toujours prête à se lever sur l’échine du bourgeois qui se courbait encore humblement devant son pouvoir héréditaire.

La canne avait la raideur, l’arrogance, l’impertinence, le geste, c’est à dire toutes les manières, toutes les habitudes du bâton féodal : elle était la tradition matérielle du droit du plus fort, dont le peuple avait conservé l’ancien respect.

Puis d’arrogante la canne est devenue pateline (doucereuse). Elle a alors des allures bourgeoises et l’échine des roturiers s’est redressée au niveau de celle du marquis : les petites gens ont grandi.

Les cannes nobles, les cannes roturières ont marché de pair et se sont saluées au passage...

A la fin du XVIIIème siècle, apparaît la canne des Incroyables...

Les Incroyables et Merveilleuses représentent un courant de mode qui a traversé la France du Directoire(forme de gouvernement utilisée par la Première République française, du 26 octobre 1795 (4 brumaire an IV) au 9 novembre 1799 (18 brumaire an VIII). L’Incroyable s'habille avec exubérance. L’air blasé, le bicorne sur la tête, il porte des vêtements excentriques avec une apparente nonchalance, des collerettes noires, de larges culottes plissées ainsi que des bas rayés, ou blanc aux jarretières flottantes. Ajouté à cela le gilet écourté à grands revers rabattus, l'immense jabot, les souliers à la poulaine (c’est à dire découverts et pointus).

Tel fut l’étrange costume des élégants de Paris et bientôt de la France entière. On les nomma « Incroyables ».

Durant ses quatre années d'existence le Directoire est confronté à des poussées et complots royalistes mais aussi jacobines comme la Conjuration des Égaux (tentative de renversement du Directoire menée par Gracchus Babeuf avec ses camarades - les Égaux - dans un contexte d'exaspération sociale engendré en 1796 par le coût vie).

Gracchus Babeuf i.e. François Noël Babeuf, né le 23 novembre 1760 à Saint-Quentin et mort guillotiné à Vendôme le 27 mai 1797, était un révolutionnaire français.

Directoire : forme de gouvernement utilisé par la Première République française, du 26 octobre 1795 (4 brumaire an IV) au 9 novembre 1799 (18 brumaire an VIII).

Les temps sont donc troublés et voici qu'apparaît la terrible canne des Incroyables, gourdin tourné en spirale, tordus, noueux, raboteux "aussi laids à voir qu'à porter" et que les gens de bel air faisaient tournoyer en marchant. Au besoin il renferme en son centre un sabre droit appelé "pouvoir exécutif" (?!). L’Incroyable tient le haut du pavé et malheur à celui qui ne lui céde pas la place !

A noter que la Canne de l’Incroyable se nommait également "Arbre de liberté" par son aspect naturel de branche torsadée, rappelant les arbres plantés ici et là dans toute la France sous la Révolution.

Profitant des violences les autorités ferment le Club de Jacobins en 1794. Des bandes organisées vêtues d'un habit étriqué couleur crottin au col de velour noir - les collets noirs - rossent les passants ayant mauvaise figure : les Jacobins (À l'origine le jacobinisme est une doctrine politique qui défendait la souveraineté populaire et l'indivisibilité de la République française. Il tirait son nom du club des Jacobins dont les membres, s'étaient établis pendant la Révolution française dans l'ancien couvent des Jacobins à Paris).

La Canne au XIXème siècle

Le XIX ème siècle est l'âge d'or de la Canne, elle connait son apogée entre 1830 et 1920 et est portée par tous comme l'écrit dans son ouvrage Pierre FAVETON (Les Cannes MASSIN 1990) :

"Il est aussi incongru à un homme de sortir sans sa canne qu'à une femme de sortir sans chapeau"

La canne demeure un objet vestimentaire inséparable de la tenue du bourgeois et de l'aristocrate, mais elle devient aussi une arme de défense personnelle. D'ailleurs à ce sujet, dans le dictionnaire du "savoir vivre" de M. Chambon (publié en 1907) on peut lire :

"La canne est un objet d’utilité ou de pure coquetterie. Elle remplace la badine que portaient les « lions » de l’époque romantique. La mode en détermine la forme et l’ornementation. Elle peut être riche ou simple, suivant le goût et les moyens de son propriétaire. Quand elle n’est qu’un accessoire fantaisiste de la toilette masculine, comment faut-il la porter ?

Les uns la tiennent droite, le long de l’épaule ; c’est inélégant. Les autres la placent sous leur bras au risque de blesser les passants ; d’autres gesticulent, exécutent des moulinets, ce qui est pire. Le mieux, c’est de faire semblant de s’en servir et de réaliser ce geste avec une gracieuse désinvolture.

La porter à la façon d’un parapluie serait grotesque.

Si l’on tient à la mettre sous le bras, il faut l’incliner de façon à ce qu’elle n’entre dans le dos ou la poitrine de personne. On ne porte pas la canne à l’église, ni dans un cortège, ni dans les audiences et les visites officielles.

Dans les visites, où l’on se rend avec sa canne, on la garde au salon : on la tient de la même main que le chapeau. Si la maîtresse de la maison demande au visiteur un léger service qui l’oblige à se séparer de sa canne, il la dépose dans un coin de la pièce.

Il est permis de la conserver au théâtre ; le parapluie est mis au vestiaire."

C'est aussi à cette époque que commence la pratique de la canne dans des salles d'armes, parallèlement à l'escrime et à la Savate, alors que le bâton demeure une pratique militaire dont l'enseignement comme gymnastique est formalisé à l'Ecole de Joinville... Car c'est en 1852 le Prince Louis Napoléon Bonaparte crée l'Ecole de Joinville où seront enseignées la boxe française et la canne suivant la méthode dite "de Joinville" défense sur les quatre faces.

Cette Ecole vise simultanément l'efficacité et la massicifcation de l'enseignement à l'occasion de sa reconstruction en 1872 : l'enseignement de la boxe française représente à ce titre un bon exemple. En1874 l'Ecole de Joinville exécute pendant plus de trois heures une des toutes premières représentations publiques, où semble-t-il, la boxe française est à l'honneur.

En 1876, sont nommés pour la première fois à l'Ecole "deux moniteurs de la boxe, deux moniteurs de la canne, deux moniteurs du bâton".

Cette école prestigieuse formera les cadres militaires et civils d'éducation physique. Elle s'appellera successivement, École normale de gymnastique de Joinville-le-Pont, École normale de gymnastique et d'escrime en 1872, enfin École supérieure d'éducation physique en 1925.

La méthode dite de "Joinville", recherchait essentiellement l'éducation du corps par l'exercice d'une gymnastique utilitaire et non le véritable combat comme l'attestent les documents d'époque.

l'Ecole militaire de Joinville fermera ses porte en 1939.

 

Pour information : la manière de tenir la canne est rituelle ; en effet la présenter pointe en avant est une provocation, c’est afficher une forme de mépris et par là même engager une attaque. A contrario, présenter la canne par le pommeau exprime une volonté de paix et de bonne entente.

Enfin pour clore ce chapitre voici l'énigme du Sphinx, résolue par Oedipe,

dans la mythologie grecque : " Quel est l'animal qui le matin marche sur quatre pieds, à midi sur deux et le soir sur trois ?"

Un site à consulter, très documenté et très bien fait : http://www.laurencejantzen.com/

Un autre site : http://www.lamesure.fr/rubriques/modeselegants.html

 

Association ESCAMAR

SHINTAÏ-BUDO (Ecole de JIU-JIUTSU)

Centre Multisports
Chemin de Montargues 07200 AUBENAS

En savoir plus sur le projet d'ESCAMAR :

Une certification dans le domaine de la...

CANNE DE MARCHE

Le projet canne BE2SDP

Les cannes utilisées à ESCAMAR, Ecole d'Arts martiaux :

- En haut la canne à pommeau en marbre (il en existe aussi avec pommeau en métal)

- Au milieu la canne-épée (ou ici la "canne-dard"), très éffilée, pointue, qui n'est utlisée que dans le cadre du Collège des Ceintures noires !

- En bas la canne basique, en bois, certes rudimentaire mais tellement efficace ! Utilisable par tous les pratiquants.