Les techniques de contrôle

1. Les techniques de ligotage (HOJO-TE ou HOYO TE)

En des temps reculés, dans le Japon ancien, le pays était alors le théatre de violents combats entre clans. De manière générale, la puissance politique appartenaient aux gerriers pour qui l'efficacité sur les champs de bataille semblait prioritaire.

Les guerres intestines restent endémiques : il faut entretenir des corps d'armée entiers, d'où l'apparition d'une structuration qui conduira à la codification de techniques et des tactiques de combat. Certains Maîtres d'armes ébauchent des progressions et proposent des méthodes différentes, donc concurrentes, donc secrètes... (?!). C'est l'époque des BUGEI (GEI signifiant nomenclature, méthode).

Ainsi le fil de la vie est régulièrement ponctué par les guerres civiles, les heurts et autres affrontements, comme par les éventuelles victoires, qui pouvaient en découler.

Selon les périodes, la notion de victoire était différemment perçue :

Fut un temps cette dernière prévalait lorsque le vainqueur faisait toucher le sol à son adversaire avec n'importe quelle partie du corps, excepté les pieds. Mais ceci sera rapidement abandonné au profit d'une autre expression de la de victoire et plus "conforme" au combat pour la vie :

Il fallait alors maintenir fermement l'adversaire au sol (KATAME WAZA), assurer des immobilisations au sol (OSAE NO WAZA) ou debout (HIKIKATE WAZA) ce qui permettait avec l'arme blanche, d'ôter la vie au prisonnier.

Ces techniques de combat ne sont pas sans rappeler les techniques au "corps à corps" du combat rapproché de commandos et autres troupes d'élites : si le soldat (le samouraï) guerroyait avec un arc et des flèches, rien ne lui interdisait, en fonction des circonstances d'opérer à mains nues ou bien avec un tanto... discrétion absolue oblige... en certaines circonstances comme à toutes les époques et sous bien des lattitudes...

Association ESCAMAR

SHINTAÏ-BUDO (Ecole de JIU-JIUTSU)

Centre Multisports
Chemin de Montargues 07200 AUBENAS

Ces techniques empiriques étaient d'une cruauté sans égale : le combat entre deux samouraïs se solde toujours (ou presque) par la mort de l'un des deux, voire des deux... souvent avec le tanto (poignard à petite tsuba1) lorsque toutes les autres armes avaient fait défaut...

Alors l'aide de camp du vainqueur décollait la tête du vaincu, la mettait dans un petit sac prévu à cet effet pour ensuite la remettre au seigneur ou bien à la famille dans le but d'en obtenir une prime.

Et cela jusqu'à ce qu'arrivent les techniques de ligotage (HOJE-TE) bien plus rentables, et pour cause :

Le prisonnier ainsi ligoté pouvait livrer des informations précieuses après quoi il pouvait être vendu vivant.

Dans le Japon féodal les techniques de ligotage respectaient un rite très établi. En effet, selon le mode de ligotage effectué on devait savoir qui était ligoté et qui avait ligoté : on ne ligotait pas un samouraï de haut rang comme un samouraï en armure légère (ashigaru). A noter qu'on rencontre parfois l'expression samouraï-ji (petit samouraï) : troupes paysannes équipées d'armes à feu et encadrées par d'autenthiques samouraïs.

Est-il nécessaire de préciser que celui qui ligotait le faisait certes en fonction de ses connaissances mais aussi de son rang... ?

Enfin la richesse esthétique des techniques de ligotage (ou plus précisément d'immobilisation par ligotage) peut surprendre parfois...

Suprême honneur : certaines écoles, en des temps reculés, furent autorisées à utiliser des cordelettes de couleur pourpre (la couleur impériale) pour le ligotage. Cette autorisation ne pouvant, évidemment, être accordée que par l'empereur lui-même !

L'apprentissage du SHINTAÏ-BUDO (école de Jiu-Jiutsu) intègre les techniques de ligotage (HOJO TE ou HOYO TE).

Ces techniques ne sont enseignées et travaillées (fig. 1 à fig. 3) qu'à partir de ceinture noire (sauf exception très rare) et principalement dans le cadre du Collège des Ceintures Noires.

Ne peuvent accéder aux cours de HOJO-JITSU ou TORI-NO-NAWA (Art du ligotage) que des adultes confirmés et dûment autorisés. Il n'y a aucun spectateur !

Enfin vouloir travailler des techniques de ligotage ne peut se faire - de notre point de vue - qu'en présence d'un enseignant d'Arts martiaux compétent dans ce domaine.

Les techniques de ligotage présentées dans cette page sont enseignées (fig. 4) dans le cadre de SHIKOMIZUE NO KATA. En effet, une progression complète avec la canne épée est enseignée et travaillée à ESCAMAR, dans le cadre du SHINTAÏ-BUDO, école de Jiu-Jiutsu.

Enfin la présentation du grade de ceinture noire 5ème DAN FEKAMT suppose que les HOJO-TE soient effectivement connues et maîtrisées : l'UV n°2 de l'examen d'accès à ce haut grade comporte un ensemble de techniques de LIGOTAGE (Pour plus de détails : aller en page d'accueil du site internet, onglet "Le SHINTAÏ-BUDO en détail").

A noter toutefois, qu'est également enseigné, dans le cadre du SHINTAÏ-BUDO, le NOJO-JITSU dont on sait qu'il s'agit du... ligotage avec deux cordelettes ! On retrouve cette façon, très particulière, de ligoter dans la cinquième série (fig. 4 à droite) de SHIKOMIZUE NO KATA, contre attaque au... tanto. A cet effet nous utilisons une arme à cran d'arrêt en lieu et place d'une arme traditionnelle utilisée dans les Arts martiaux en général.

Il est entendu que ce cran d'arrêt a été travaillé afin de ne présenter aucune dangerosité pour celles et ceux qui l'utilisent.

RAPPEL : SHIKOMIZUE NO KATA est enseigné exclusivement au sein du Collège des Ceintures Noires !

Note 1 : Terminologie

TSUBA : garde

TSUKA : poignée

MUNE : dos de la lame

HA : tranchant

SHINOGI : partie la plus épaisse de la lame

KENSEN : pointe

TADOTSU : dernier quart de la lame avec lequel on coupe, on tranche

fig. 1
fig. 2
fig. 3
fig. 4